Ceci est une contribution du SNJ (Syndicat national des Journalistes) des DNA

De nous, journalistes, à vous, élus d’Alsace
Pour le maintien du pluralisme des quotidiens régionaux

Les élections municipales approchent. Imagineriez-vous une campagne sans vos quotidiens régionaux ? Ou plus exactement, une campagne avec un quotidien au lieu de deux (les Dernières Nouvelles d’Alsace et L’Alsace) ? Une campagne avec un quotidien amputé d’une bonne partie de sa rédaction, se privant ainsi d’un éclairage citoyen dans toutes les communes d’Alsace, si petites fussent-elles ?
Ce n’est pas un film de science-fiction. Les DNA font partie du groupe l’Est républicain, qui possède désormais, et en partie avec le Crédit mutuel, huit journaux de PQR : l’Est Républicain, la Liberté de l’Est, les DNA, le Journal de la Haute-Marne (à 50%), le Bien Public, le Journal de Saône-et-Loire, le Progrès-La Tribune, et le Dauphiné Libéré. Le Crédit mutuel est par ailleurs propriétaire de L’Alsace-Le Pays et du Républicain lorrain. La logique industrielle en marche dessine aujourd’hui un groupe à dix journaux, recouvrant la quasi totalité de la façade Est de la France .

Le mot d’ordre des directions de l’Est républicain et du Crédit mutuel est la mutualisation des contenus –articles et photos identiques pour les différents titres-, avec tout ce que cela peut entraîner au niveau des suppressions de postes, qui ont commencé, mais surtout du traitement spécifique de l’information par chaque journal.

Ceux qui connaissent un peu les Vosges savent comment l’Est républicain, en rachetant la Liberté de l’Est, a gommé les spécificités de chaque titre, fermant des agences, mettant en commun les informations… Un laboratoire éloquent qui montre pourquoi la presse locale a tout à perdre dans une logique de groupe purement comptable.
Dans les semaines qui viennent, l’Alsace-Le Pays va officiellement faire partie d’Ebra (filiale du groupe l’Est républicain) si le dossier est accepté par la commission de la concurrence. Les directions des titres alsaciens sont muettes sur l’avenir des rédactions et sur le pluralisme de l’information dans les deux départements.
Dans ce contexte de mutualisation, nous, journalistes, sommes plus qu’inquiets quant à l’avenir de ces deux journaux. Et vous, élus alsaciens, êtes concernés au premier plan.
Point besoin de vous expliquer pourquoi le pluralisme de la presse est un élément essentiel de la démocratie. L’existence de deux journaux dans la même région est un gage de la qualité de l’information.

Ensuite, la mutualisation des articles et les suppressions de postes qui s’annoncent apportent avec elles le risque de priver des pans entiers de la région d’une couverture médiatique. Les conseils municipaux, les actions des associations, les travaux : tout ce qui relève de la vie des communes sera moins bien relayé. Imaginez seulement les présentations des listes et des programmes des candidats aux élections municipales avec un seul grand journal pour tout l’Est de la France…
C’est pour toutes ces raisons que nous, journalistes défendant avec conviction notre métier dans ce qu’il a de plus utile à la société, vous demandons, à vous, élus et citoyens, d’être attentifs au devenir des DNA et de L’Alsace-Le Pays, et plus largement de la presse quotidienne en France.


Si vous estimez que notre combat vaut la peine, n’hésitez pas à vous en faire les relais partout où vous pourrez, et signez notre pétition.



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