Contrairement aux chefs de service réunis la veille (mardi 26 février), les journalistes n’ont pas eu droit, mercredi soir, au visuel power point, au microphone, au buffet, ou encore au logo « Cap 2010 » avec son « C » astucieusement transformé en flèche pour, on devine, lui donner un côté dynamique.
Mais bon, passons, et attachons-nous au fond. Tout d’abord, il faut reconnaître que le leitmotiv de notre directeur général, Jean-Claude Bonnaud, au sujet de la nécessité de faire des choix éditoriaux est agréable à entendre pour des journalistes. Le problème, c’est que son insistance sur cette règle d’or du métier semble être sa façon d’enrober la pilule: les journalistes vont devoir participer à la version papier des DNA, au site web, à des blogs, à des suppléments (la fameuse entreprise d’information, dont le projet détaillé nous sera présenté avant l’été)… Et cela, avec des effectifs rognés par le non remplacement des départs à la retraite (souvenez-vous, ces gens qui , selon la direction, suppriment d’eux-mêmes leur poste en faisant “valoir leurs droits à la retraite”…)
Quant à savoir, concrètement, comment, où, pourquoi, vont se faire ces choix éditoriaux qui devraient permettre aux journalistes de contribuer à tous les supports, pour l’instant, c’est le mystère. Est-ce que cela signifie un repli géographique? Jean-Claude Bonnaud avance que sa façon d’appréhender les choses est de s’interroger, systématiquement, sur « la pertinence » d’avoir une agence ici ou là… Et notamment en ce qui concerne Mulhouse…
Au milieu de ce flou, une chose est claire. « Ma mission est de travailler sur la marque DNA, dans le cadre d’une politique de groupe à laquelle j’adhère, autrement je ne serais pas là. » Pour l’instant, cette politique de groupe se traduit par la mutualisation gratuite des contenus. Avec toujours les mêmes arguments: c’est comme l’AFP (sauf que l’AFP, on paye l’abonnement), ou encore, c’est comme quand vous pigez pour L’Express, Le Point etc (sauf que L’Express, Le Point etc. payent ces contributions…).
On rappellera qu’au-delà de la rémunération des piges, c’est aussi le statut des journalistes dans un titre, et le droit moral attaché aux droits d’auteur, qui sont remis en cause, ainsi que les accords signés, notamment aux DNA.
En gros, si on ne fait pas d’effort (c’est à dire si on refuse de travailler gratuitement pour d’autres titres), les DNA vont couler, voilà. Et, à ce moment-là, on ne peut pas s’empêcher de penser aux centaines de milliers d’euros investis dans la télé locale, pour une rentabilité à très long terme et très très très incertaine.
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