Notre demande d’information sur le maintien des agences et des éditions des DNA, dans toutes les instances de représentation du personnel de l’entreprise, n’a pour l’instant trouvé aucune réponse. Et dans le même temps, malheureusement, les indices se multiplient d’une sérieuse menace sur l’édition locale de Mulhouse. La ville du siège du journal L’Alsace.

Voici quelques éléments propres à entretenir les plus vives inquiétudes…

  • Un poste en CDI aurait dû être créé au 1er février à Mulhouse, pour remplacer, conformément à un accord signé de longue date par les syndicats, un départ à la retraite. Au lieu de cela, la direction a prolongé un CDD jusqu’à la fin du mois d’avril. Ce qui ne correspond à rien. Sauf à une suppression de poste déguisée.
  • Lors du dernier CE, le 26 février, le directeur général Jean-Claude Bonnaud, en tournant autour de la question, avait réussi à dire: “l’information locale mulhousienne n’est pas un enjeu” pour les DNA.
  • Lors de l’AG des journalistes des DNA convoquée mardi 4 mars par les syndicats pour envisager une nouvelle grève, les participants ont eu la surprise de voir débarquer toute la hiérarchie de la rédaction, jusqu’ici très peu impliquée dans la défense des postes et des éditions. Les élus du personnel ont profité de la présence du rédacteur en chef Dominique Jung pour lui poser à nouveau la question: “l’édition locale de Mulhouse est-elle menacée?”. Sa réponse : “Colmar sera maintenue”. Croyant rêver, nous avons reposé notre question. Même réponse ahurissante.
  • La semaine dernière, le directeur du Haut-Rhin Jean-Louis Grussenmeyer, a tenté de rassurer les journalistes de Mulhouse. Son intervention n’a fait qu’accentuer le trouble. Il a dit qu’il ne connaissait pas le calendrier de la future restructuration, qu’il faudrait que les gens évoluent, se tournent vers d’autres supports (Nuée-Bleue, web). Il a invité les journalistes à se remettre en cause. Une invitation qui dans ces circonstances confine au mépris et constitue aussi un déni de responsabilité. Au sujet des journalistes salariés en CDD à l’agence de Mulhouse, Jean-Louis Grussenmeyer a, entre autre amabilités, déclaré que les DNA “n’étaient pas une entreprise de charité”. Hallucinant !

Et c’est le moins qu’on puisse dire. Depuis quelques temps, les pigistes photographes de Mulhouse voient leurs commandes, et donc leurs revenus, fortement diminuer. Et en plus, on les met en concurrence avec des correspondants, dont les photos sont payées beaucoup moins cher.

Nous ne pouvons nous empêcher de relier tous ces éléments, seules bribes d’information dont nous disposons pour l’instant. Et le puzzle qui se dessine est loin de nous rassurer. Qu’en diront nos lecteurs mulhousiens ?
En ce qui concerne les journalistes, ils sont très inquiets, et ont signé une pétition pour que l’agence soit pérénisée. Pétition que l’intersyndicale remettra à la direction avec celle sur le maintien des effectifs.



One Response to “Menaces sur Mulhouse”  

  1. 1 selavi

    Menaces sur Mulhouse, la suite

    Ce texte a été approuvé le 16 mai 2008 par tous les journalistes de l’agence DNA de Mulhouse présents ce jour-là:

    “La situation aujourd’hui à Mulhouse :
    Selon le projet de restructuration qu’annonce la direction, l’agence de Mulhouse passerait de 15 journalistes (deux sportifs, deux photographes et onze journalistes affectés à la locale et à la région dont deux chefs de service), à huit personnes. De même il est prévu de réduire de moitié la pagination de l’édition locale (de 10-12 pages à 5-6 pages).
    Nous nous inquiétons d’une part de la viabilité d’une édition locale de cinq pages sur une agglo de 250 000 habitants face à un concurrent qui proposera au moins le double.
    D’autre part, nous rappelons que les éditions locales de Saint-Louis, Altkirch, Thann et Guebwiller, s’adossent à l’édition locale de Mulhouse. Elles seraient de fait elles-mêmes dépouillées d’une partie de leur contenu. Veut-on affaiblir la plupart des éditions haut-rhinoises, en bafouant un lectorat conquis de haute lutte, pour aboutir à terme à un retrait complet du sud Alsace ?
    L’avenir tel qu’il nous est présenté aujourd’hui :
    La réduction des effectifs de moitié entrainera un redéploiement d’une partie des journalistes vers l’internet, vers Saisons d’Alsace et les éditions de la Nuée Bleue. Des journalistes ont déjà été approchés par la direction. Si cette perspective doit se confirmer nous demandons à ce qu’il n’y ait pas de mutation forcée ou contrainte, ni d’obligation de résidence dans une autre ville d’affectation. Nous demandons également que les personnes qui seraient reversées sur internet ou aux éditions de la Nuée Bleue demeurent personnel DNA et continuent de bénéficier du statut de journaliste et des avantages sociaux liés à ce statut. Nous voulons rester journalistes DNA. Aucun de nos confrères n’accepterait de casser sa carte de presse.
    Une méthode inacceptable :
    Depuis plusieurs mois, la direction souffle le chaud et le froid, alterne paroles lénifiantes et propos brutaux, en contradiction les uns avec les autres. Ainsi il avait été annoncé par le directeur du Haut-Rhin que la reconversion des journalistes ne conduirait pas à leur mutation géographique. Ce qu’il vient de démentir jeudi 15 mai en démarchant entre deux portes trois journalistes mulhousiens pour leur proposer de partir dans d’autres rédactions.
    Nous n’acceptons ni la méthode actuelle ni le flou volontairement entretenu sur notre avenir. Regrettant de n’être en aucun cas associés à la réflexion sur l’avenir de notre métier à Mulhouse, nous demandons à ce qu’une veritable gestion des ressources humaines soit mise en place et qu’un interlocuteur en charge de la restructuration sur Mulhouse soit clairement désigné pour répondre à nos propositions.
    Vers une restructuration globale ?
    Ce projet de restructuration de la rédaction mulhousienne se situe dans un projet global qui doit être présenté lors d’un comité d’entreprise extraordinaire dans les prochaines semaines. La méthode suivie à Mulhouse préfigure-t-elle celle qui sera employée pour l’ensemble de l’entreprise ? Si tel est le cas, il faut nous mobiliser maintenant. Collègues et confrères nous demandons votre soutien. En juillet-août il sera trop tard”.

    Le 16 mai 2008 à Mulhouse
    La rédaction de Mulhouse


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