On le craignait, ils l’ont fait. Ou plutôt, ils sont en train de le faire. A Mulhouse, la direction des DNA veut faire perdre à la rédaction la moitié de ses journalistes.

Impossible dans les conditions qui se dessinent d’assurer une édition locale qui tienne la route dans une agglomération de taille, tout en fournissant de nombreux sujets pour les pages région du quotidien.

On ne peut s’empêcher de penser que l’opération est programmée pour plaire au concurrent (mais peut-on parler encore de concurrent quand on a le même patron?), dont Mulhouse est la place forte. Non, non, nous assure-t-on aux DNA, le retrait de Mulhouse n’a absolument rien à voir avec la récente prise de contrôle du Crédit Mutuel, patron de l’Alsace, et désormais actionnaire majoritaire du groupe qui détient les DNA… Ben voyons.

Entre les arguments purement comptables et la flagrante absence de projet rédactionnel, notamment en ce qui concerne le Haut-Rhin, les suppositions les plus noires sont permises quant à l’avenir des autres éditions des DNA dans le sud de la région. La seule parole de garantie jamais obtenue se limite à Colmar. Garder Colmar permettra aux DNA de continuer à se prétendre “journal régional”, puisqu’il dépassera les frontières du Bas-Rhin. Et Altkirch? Saint-Louis? Thann? Guebwiller?

Nous nous battrons pour chaque poste, parce que chaque poste de journaliste qui sera retiré sur le terrain fera reculer le pluralisme.

C’est déjà ce que nous pensions lors de la grève le 5 février. Malheureusement, nous avions vu juste: le premier poste non remplacé, c’était le début d’un mouvement, pas une mesure isolée. En mettant en ligne une pétition pour la sauvegarde du pluralisme, nous n’étions pas alarmistes: voilà la suite de l’histoire qui nous donne raison. Mais qu’est-ce que ça fait mal, parfois d’avoir raison…



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